La nouvelle est aussi importante qu'inattendue. Au lendemain de la mobilisation de nombreux acteurs du web américain contre la loi anti-piratage SOPA, le parquet fédéral du pays a fait fermer jeudi 19 novembre l'un des plus importants sites de partage de fichiers au monde, Megaupload.com. Sont également concernés les sites appartenant au groupe, comme Megavideo.com. FTVi revient sur les enjeux de cette procédure.
• Qu'est-ce que Megaupload ?
Megaupload, qui comptait selon Associated Press parmi les sites les plus visités au monde, est un service dit de direct download. Chacun peut y déposer un fichier, qui peut être téléchargé ensuite gratuitement.
À l'inverse d'un système de pair à pair (peer-to-peer), où chaque utilisateur qui télécharge un fichier donne un peu de sa connexion pour que les autres puissent en faire autant, Megaupload fonctionne de manière verticale : le fichier est stocké sur de puissants serveurs, où chacun vient se servir.
La popularité de ce type de service a explosé en France avec l'application de la loi anti-piratage Hadopi. En effet, à l'instar des sites de streaming et à l'inverse des services de peer-to-peer, le direct download n'est pas surveillé par la Haute autorité. Il y a un peu plus d'un an, le site comptabilisait 7,4 millions de visiteurs par mois en France, rapporte Le Figaro.fr. Ces visiteurs rapportaient de l'argent à Megaupload : en plus d'être financé par la publicité, le site proposait aux internautes de s'abonner à une version "premium", qui garantissait entre autres une vitesse de téléchargement supérieure.
• Que reproche la justice à Megaupload ?
Le département de la justice américain a ouvert une procédure criminelle contre les fondateurs du site, pour avoir enfreint les lois sur le copyright. Dans un communiqué, le ministère indique que Megaupload aurait accumulé plus de 175 millions de dollars (135 millions d'euros) grâce à des activités frauduleuses. Par son existence, le site aurait également généré un manque à gagner de plus de 500 millions de dollars (386 millions d'euros) auprès des ayant-droits.
Le site du ministère indique également que quatre des dirigeants du site, dont son fondateur Kim Dotcom, ont été arrêtés jeudi en Nouvelle-Zélande par les autorités locales. D'autres complices sont également recherchés, et tous risquent jusqu'à 20 ans de prison.
• Comment la justice américaine va-t-elle procéder ?
C'est la grande question soulevée par cette fermeture. Le site spécialisé Clubic rappelle que la société Megaupload est juridiquement basée à Hong Kong, et ne dépend par conséquent pas du droit américain. Par ailleurs, rappelle Clubic, "ses équipements sont en outre répliqués dans de multiples centres de données, en Europe, en Asie ou aux Etats-Unis".
Reste que l'opération est d'envergure : le département de la justice américain précise dans son communiqué avoir travaillé en coopération avec la police des Pays-Bas et du Canada.